Et après la formation PSSM,
on fait quoi concrètement ?


Vous avez suivi votre formation PSSM. Deux jours intenses, des jeux de rôle qui vous ont parfois bousculé(e), des échanges forts avec d'autres participants, et ce sentiment puissant de repartir avec des outils concrets entre les mains. 🤗


Et puis, le quotidien reprend. Et on se retrouve parfois à se demander :
"Est-ce que je vais vraiment savoir quoi faire quand ce sera nécessaire ?"
C'est tout à fait normal.


Et c'est même bon signe : ça veut dire que c'est important pour vous et que vous prenez votre rôle de secouriste en santé mentale au sérieux. 🙌🏻

Alors voici quelques réponses; de celles qu'on a oublié de poser à la fin de la formation aux Premiers Secours en Santé Mentale.


A quelles situations vais-je devoir faire face le plus souvent ?


La réalité du secouriste en santé mentale, c'est souvent trés discret.
Ce sont des situations du quotidien :

🌫️Un(e) collègue qui arrive au bureau de plus en plus silencieux(se) depuis quelques semaines
🌫️ Un(e) ami(e) qui annule systématiquement vos sorties sans vraiment s'expliquer
🌫️ Un membre de votre famille qui tient des propos de plus en plus dévalorisants sur lui-même
🌫️ Quelqu'un dans votre entourage qui "plaisante" un peu trop souvent avec l'idée de "disparaître" 😨

Ces signaux-là - subtils, parfois ambigus - ces changements de comportements, sont exactement ceux que vous avez appris à repérer en formation PSSM, sans pour autant poser de diagnostic. 

Pour faire simple, dés que la personne commence à aller moins bien, votre intervention se justifie.

 

 

Et si j'apporche la personne et que je ne sais pas quoi lui répondre ?


L'erreur la plus fréquente quand on aide quelqu'un est de vouloir apporter des solutions.
C'est le piège dans lequel tombent beaucoup de secouristes fraîchement formé(e)s, et c'est parfaitement humain : on veut aider, donc on cherche des solutions.
On propose, on conseille, on oriente… parfois avant même d'avoir vraiment écouté.

Mais une personne en souffrance psychique n'a pas toujours besoin de solutions.
Elle a surtout besoin, en premier lieu, de se sentir entendue. Sans jugement. Sans qu'on minimise ce qu'elle vit ("tu verras, ça va aller !" "Ce n'est rien, ca va passer") et sans qu'on dramatise non plus.

La méthode AÉRER que vous avez apprise en formation pose justement l'écoute active comme toute première étape — avant d'informer, avant d'orienter.

Un repère simple : si vous vous surprenez à parler plus que la personne en souffrance, c'est probablement le moment de lui redonner la parole.

 

J'ai peur d'être intrusif(ve)...

 

Il n'est pas nécessaire de connaitre la cause du mal-être de la personne pour l'aider.
Parfois, la personne elle-même ne se l'explique pas. Et c'est encore plus destabilisant. 😞

Dans les vidéos que vous avez visionnées pendant la formation PSSM, la raison du mal être n'est jamais recherchée, et poutant le plan d'action AERER est parfaitement appliqué ("PSSM entre amis", "PSSM au travail", "PSSM entre étudiants").

Meme si parfois, selon votre lien avec la personne, vous pourrez être amené(e) à aborder les causes, ce sont surtout les ressentis - psychologiques et physiques - de la personne qui servent de base à votre intervention; et c'est ce "terrain" qu'il faudra explorer durant votre intervention.



Comment garder ses réflexes acquis en formation PSSM dans le temps ?


Il n'y a pas encore de recyclage de la formation PSSM Standard - comme c'est le cas pour les Premiers Secours Physiques par exemple - mais PSSM France travaille sur ce module et le proposera probablement d'ici 2027.
La formation PSSM, comme tout apprentissage, s'érode si elle n'est pas entretenue.

En attedant Voici quelques façons concrètes pour maintenir  ses connaissances :


🔸Rejoignez la communauté de secouristes PSSM, vous êtes désormais plis de 300 000 secouristes en premiers secours en santé mentale! 👏🏻

🔸PSSM France propose des ressources en ligne, des newsletters, 📰

🔸et certains territoires ont des groupes locaux de secouristes :
Être entouré·e de pairs, c'est aussi une façon de ne pas se sentir seul(e) dans ce rôle.

🔸Parlez de votre formation autour de vous. Pas besoin de faire un cours magistral — juste expliquer à votre entourage ce qu'est le PSSM, pourquoi vous l'avez fait, ce que vous en avez tiré.

Le partage est l'une des meilleures façons de consolider un apprentissage.

🔸Faites des rappels réguliers. Relisez vos notes, la méthode AÉRER, les signaux d'alerte des principaux troubles. Quinze minutes tous les deux mois suffisent pour maintenir vos réflexes actifs.



Et si la situation dépasse votre rôle  de secouriste ?


C'est une question que beaucoup de secouristes se posent avec une certaine anxiété. La réponse est pourtant claire dans la formation : vous n'êtes pas thérapeute, psychiatre ou médecin.🙅‍♂️


Votre rôle est d'être un premier maillon, pas de tout résoudre.

Passer le relais, ce n'est pas abandonner quelqu'un, c'est souvent le meilleur service que vous puissiez lui rendre.

 

 

Quelles situations doivent vous amener à orienter rapidement vers un professionnel de santé
ou vers le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ?


▫️La personne exprime des pensées suicidaires, même de façon détournée 
▫️Elle présente des symptômes qui semblent s'aggraver rapidement
▫️Elle refuse catégoriquement toute aide ou tout contact
▫️Vous vous sentez dépassé(e) par la situation

 


Et dans ce cas, comment dire à quelqu'un qu'il a besoin d'aide professionnelle sans le blesser ?

 

Une formule simple et efficace : "Ce que tu traverses mérite un vrai accompagnement, plus que ce que je peux t'offrir. Est-ce que tu serais prêt(e à en parler à un(e) professionnel(le) ?"

⚠️ Attention aux mots que vous employez : les mots liés aux maladies psychiques notament peuvent parfois faire peur, d'autant plus que vous n'êtes pas qualifié pour poser un diagnostic.


🧡 Prendre soin de vous : la partie qu'on oublie souvent 🧡

 

Si vous avez choisi de vous former pour devenir secouriste en santé mentale, ce n'est pas un hasard : c'est que prendre soin des autres, aider, est important pour vous. Mais :

- Être secouriste en santé mentale peut être émotionnellement difficile.
- On absorbe parfois beaucoup.
- On se sent parfois impuissant(e).
- On peut avoir tendance à négliger sa propre santé mentale, tellement concentré(e) sur celle des autres.

Pensez donc à prendre soin de vous d'une manière générale, et après chaque intervention :
Vous n'aiderez personne efficacement si vous être vous même épuisé(e).
 


Quelques questions à se poser régulièrement  apès la formation PSSM :


❔Est-ce que j'ai des personnes à qui je peux parler de ce que je vis dans ce rôle ?
❔Est-ce que j'arrive à "déposer" les situations difficiles après qu'elles aient eu lieu ?
❔Est-ce que je prends du plaisir à d'autres choses dans ma vie en ce moment ?

Si vous remarquez que ce rôle vous pèse, que vous avez du mal à décrocher ou que vous ressentez une fatigue émotionnelle persistante, c'est un signal important.
N'hésitez pas à en parler à un(e) professionnel(le) de santé mentale.


Prendre soin de vous, c'est aussi prendre soin de votre capacité à aider les autres.

 

Pour finir : votre rôle de secouriste PSSM en quelques mots...


Être secouriste en santé mentale après la formation, ça ressemble à ça :

✔️Rester attentif(ve) aux signaux discrets dans votre entourage;
✔️Écouter d'abord, agir ensuite;
✔️Passer le relais sans honte ni culpabilité, quand la situation le demande;
✔️Etre attentif à votre propre santé mentale;
✔️Entretenir vos connaissances pour que les réflexes restent présents.


Vous n'êtes pas seul(e) dans cette mission de secouriste PSSM.
Faite vous confiance et restez naturel(le) pour que votre intervention sois autentique et fluide.


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Maïa Chamolt - Formatrice PSSM et thérapeute en santé mentale à Le Pont de Claix - Isère